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Au siècle dernier, deux positions antinomiques ont polarisé la pensée de la liberté. D'une part, son exaltation, l'érigeant en absolu fondateur. D'autre part, sa négation pure et simple, en raison de déterminismes jugés implacables. Entre ces deux extrêmes, Edith Stein propose une troisième voie originale. Née en 1891, morte gazée à Auschwitz en 1942, elle a aimé la liberté et combattu pour elle. Très tôt, elle se passionne pour l'histoire et veut comprendre, en philosophe, quel rôle nous pouvons jouer sur la scène des événements du monde, y compris lorsqu'ils relèvent de l'horreur. Le thème de la liberté traverse son oeuvre philosophique de part en part. Mais elle n'a pas écrit de traité sur la liberté et n'a pas voulu en édifier un système. Elle cherche d'abord, en phénoménologue, à en décrire fidèlement l'expérience vécue. Au fil de ses oeuvres se dessine une ligne de crête, un chemin entre deux abîmes , où la personne libre se révèle à la fois dans sa souveraineté inaliénable et dans sa dépendance radicale. Tenir ensemble l'autonomie du sujet, qui peut être comprise autrement que comme autolégislation, et son essentielle dépendance, qui l'appelle à oser l'abandon, tel est le pari steinien. L'ouvrage analyse successivement trois stades de la liberté : celle du pur moi transcendantal ; celle de la personne, qui se déploie en son incarnation et sa socialité ; et, enfin, celle de l'amour, liberté ultime, qui suppose l'ouverture à ses propres profondeurs et à la transcendance absolue. Ces trois libertés ne s'opposent pas. Elles s'unifient et s'accomplissent dans le consentement, qui ne se confond ni avec la résignation, ni avec la soumission.